Alors que les articles du journal américain The New York Times sur l’implication de la France dans le départ prématuré pour l’exil du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004 continuent de faire des vagues, l’ambassadeur de  France accrédité en Haïti a visité, jeudi, l’hôpital et l’Université de la Fondation Aristide à Tabarre. Fabrice Mauriès annonce des programmes de coopération avec l’institution de l’ex-président Aristide.

« Visite à Tabarre de l’Université de la Fondation Aristide et du futur hôpital. Très beau campus à vocation sociale et inclusive. Une équipe académique dynamique. Merci à Mildred Aristide pour l’invitation : nous allons trouver les moyens de coopérer », a écrit le diplomate français sur son compte Twitter à l’issue de la visite.

Joint par téléphone jeudi après-midi par Le Nouvelliste, l’ambassadeur Fabrice Mauriès a ajouté que « c’est une visite qui était prévue depuis longtemps.» « Elle fait suite à une invitation qui a été renouvelée récemment par Mildred Aristide. Elle a eu la gentillesse de m’accompagner. Je suis impressionné par ce que j’ai vu. On va coopérer , a-t-il fait savoir ».

Des sources proches de l’Université de la Fondation Aristide ont confirmé au journal la visite de l’ambassadeur Fabrice Mauriès.

Cette visite du diplomate français intervient dans un contexte de grands débats sur l’implication de la France dans les événements ayant conduit au départ pour l’exil du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004. Dans une série d’articles publiés par The New York Times, le journal américain revient sur la rançon imposée par la France à Haïti en 1825 pour la reconnaissance de son indépendance et sur la double dette imposée par l’ancienne métropole, entre autres.

Jean-Bertrand Aristide, président en fonction, a été en 2003 le premier chef d’Etat haïtien à avoir exigé de la France la restitution de ce qu’on considère comme la dette de l’indépendance.

Dans son enquête, The New York Times a souligné que la France et les États-Unis ont toujours déclaré que son éviction n’avait rien à voir avec la demande de restitution, « accusant plutôt le tournant autocratique du président haïtien et sa perte de contrôle du pays. M. Aristide aurait été poussé à l’exil pour éviter que le pays, déjà en proie à l’agitation, ne sombre dans le chaos ».

« Mais Thierry Burkard, ambassadeur de France en Haïti à l’époque du départ du président haïtien, admet aujourd’hui que les deux pays ont bien orchestré “un coup” contre M. Aristide. Quant au lien entre sa brusque éviction du pouvoir et la demande de restitution, M. Burkard reconnaît que “c’est probablement ça aussi un peu.” Ça nous simplifiait le travail », a expliqué l’ancien ambassadeur cité par The New York Times.

Dans une mise au point publiée dans le Miami Herald, James B. Foley, l’ambassadeur américain qui était en poste en Haïti lors du deuxième départ du pouvoir de Jean-Bertrand Aristide, affirme : « L’affirmation selon laquelle les États-Unis ont collaboré avec la France pour monter un coup d’État contre le président démocratiquement élu d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide, une affirmation faite par d’anciens fonctionnaires français, est fausse. »

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